Syllogismes de l'amertume

Je réfléchis, une fois de plus, sur l'état de création.
Un artiste peut-il enfanter sans douleur ou ne peut-il enfanter que dans la douleur ?
En pareil cas, renoncera-t-il à être heureux, ou s'il le devient renoncera-t-il à être artiste ?
CIORAN écrivait : "La musique est le refuge des âmes ulcérées par le bonheur".
Ulcéré n'est pas le mot qui me semble le plus approprié, mais acharné à découvrir sans cesse un bonheur encore plus vaste que celui de la création, peut-être.
L'artiste peut-il créer dans un espace-temps heureux stable et sécure ? A-t-il absolument besoin de ce confort là ? Assurer le nécessaire vital, certes, mais au delà, l'état de création ne nécessite-t-il pas un état intérieur tourmenté et fébrile, second en fait ?
Alors disons que je persévère, puisque plus ça rate plus on a de chance que ça marche.....

